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Installation, Présentation
Chassé de mon blog AOL par la magie des rachats, j'ai décidé de m'installer ici, histoire de polluer un peu l'endroit de mes textes. Je vais donc dans un premier temps replacer ceux qui avaient déjà été "publiés" sur mon ancien blog, puis poursuivre ceux en cours.
Voici donc le premier. En résumé : juste quelques pensées perdues. Il n'a jamais eut de titre, mais il n'en a pas besoin, de toutes façons.
Il est 6H, encore une nuit passée dans mes pensées, ce labyrinthe débouchant autant sur de vastes palais, se levant fièrement vers les étoiles, que sur de saumâtres marais surmontés d'une lune maladive. Doit-on toujours perdre quelques chose pour évoluer ? Doit-on toujours détruire pour bâtir ? Ne pourrait-on pas garder ce qui fût pour atteindre ce qui sera ?
Quelques heures, semblables à celles ou tu étais la. La fumée s’échappe, ces volutes formant comme le spectre de ce visage trop vite disparu. Ce fantôme qui hante encore ce lieu, ce refuge ou tu n’a laissée qu’une fugace trace, comme un parfum inaltérable.
Si seulement…
Oui, des si, des millions, des milliards de si, tournoyants comme autant de girouettes affolées par un cyclone perpétuel. Rouillées, grinçantes, des pivots d’os et des aiguilles d’acier, une lande ou ne poussent que chardons et ronces. Vallée de portails de fer, pierres de granites aux sceaux oubliés, combien de fois ais-je errer ici ? Combien de personnages y furent enterrés ? Des espoirs, ici ? Oui, là, sous les pierres froides, leurs yeux ouverts et desséchés tournés vers ce ciel que jamais plus ils ne contempleront. Terre brûlée, églises de basalte, anges racornis aux sourires vicieux, aux crocs effilés et aux yeux vitreux. Ils me regardent, la bas, la ou ils sont toujours, attentifs et patients. Je tend la main à travers les barreaux de cette prison de chair, ces phalanges ridées par un passé trop lointain. Dehors, j’entends déjà le son de ce que l’on appel la vie, on se réveil, on se lève, on se prépare à une journée de plus.
Sans but.
Pas de vérité, un décor de carton pâte, un film dont les acteurs principaux sont depuis longtemps décédés. Une clope et un café, comme toujours à cette heure, et cet écran blanc ou s’inscrivent des lettres virtuelles, des mots et des idées comme autant d’enfants morts nés de ce pays ou se traîne ma carcasse. Tourment, toujours, de faux sourires, figés sur des statues de marbre impur. Des masques, partout, sans yeux, sans traits. Des masques vierges et figés, m’entourant de leur incompréhension.
Si seulement…
Mes cheveux crasseux collent à mon crane comme tant de parasites, cette apparence que l’on m’impose, cette forme que je n’ais pas choisie. Je la hait, je hait chaque particule la composant, chaque petit 1 placé au milieu des 0 formant cette vérité… le vide. Né de rien pour y retourner, et entre les deux ? L’attente. Inutile et perverse, constellée de morceaux de ce bonheur trop simple pour être vrai. La carotte pour faire avancer le baudet, « Regardez ! Regardez ! Tout ira mieux ensuite ! ».
Rien, rien ne va jamais mieux, des objets s’entassant comme autant de piquets de la gigantesque clôture qui nous enserre. Les barbelés ont depuis longtemps entravée la plaine de la liberté, leurs pointes saillantes encore couvertes du sang des penseurs. « Animaux nous sommes ! ».
Je ris.
Nous n’avons pas été destinés à être cela, nous avons simplement suivit la voie la plus simple et la plus évidente. Nous ? Eux ? Suis-je une partie d’un tout ? Peut-on arracher l’étiquette collée à la naissance, cette apparence qui ne se modifie que bien trop peu. Une suite d’informations, de couleurs, d’ondes, de sons. Suis-je ce que vos yeux peuvent percevoir ?
Non.
Si seulement…
Peut on croire en un songe ? A t’on encore le droit de voir des fées perchées, la haut, sur le toit de cet immeuble, juste en face ? Peut-on voir en le soleil le visage de ces divinités oubliées ? Superstitions !
Votre science n’en est pas une ? Une religion incompréhensible pour le commun, que l’initié suffisant se charge d’expliquer aux fidèles attentifs ?
L’univers réduit à une équation ! Et mon esprit, ma volonté, ou se trouvent-ils dans ce schéma alambiqué ?
Une autre cigarette, « Fumer tue », lis-je sur le paquet. Est-ce ton affaire ? Est-ce ton affaire, toi qui pose toutes ces petites phrases sur chaque chose, ces petites notes indicatives qu’il me plait d’arracher ? Ton monde de plastique, le bien et le mal, un univers de binaire.
Et je sais que je me torture car elle n’est pas la. Partie, envolée, ne laissant que quelques grains de cette poussière féerique, qui un jour, se ternira, elle aussi. Personne, personne n’a jamais été la, seul même dans la foule, seul même quand il fallait marcher au pas. Pas d’harmonie, jamais, ils sont eux, et je ne ferais jamais parti de leur monde. Un monstre aux ongles sales, une chose tapie que nul ne désire. Un cadavre doué de raison.
Oui, si seulement !
Le jour se lève derrière mes volets clos, et cette vie s’active, robots biologiques répondant aux stimulis complexes d’organes tuméfiés. Rien de plus. Je voudrais être autre chose, voir, ne pas être. Juste m’asseoir et regarder, un sourire narquois au coin de mes lèvres. Je suis le spectateur, le rôdeur, l’oublié. Celui qui parle mais que nul n’écoute, celui qui hurle dans les ténèbres et dont le cri se perd, s’écrase contre les murs de l’indifférence. Quelques part, il doit y avoir quelqu’un, quelques chose, de différent. Comme ce petit air de magie qui parfois flotte au dessus des tables enfumées, comme cette petite mélodie qui parcourt mon âme. Comme ce sourire, ces sourires, finement dessinés sur les parois de mon cœur noir. Voyez moi, car j’existe, voyez moi, et je déploierais ces ailes aux plumes sombres, m’envolant loin de ce bruit, de cette agitation sans but.
Si seulement !
Colère, douleur, tourment. Le ciel est gris.
Une autre journée commence sur terre, et mon café est encore une fois froid, et noir.
Et je divague, je me perd, ou me trouve, je cours tout en restant assis, je pleurs tout en souriant, je meurs tout en vivant. Je suis gelé, je suis un serpent, tout de venin et d’écailles, aussi mauvais que peut l’être une chose qui se terre et tue. Tant de mal, tant de vices, tant de jeux malsains, tant de manipulation, de sortilèges, de malédictions murmurées. Doit on toujours résister à sa nature ? Mais l’assumer ne serait il pas comme s’enchaîner sois-même ? Je refuse ! Je refuse de n’être que mon propre jouet, je suivrais ces lois que j’ai moi-même crées, car je suis un être réfléchit. Réfléchit…
Tant de combats il me reste à mener, tant de concepts il me reste à comprendre, ou à inventer. Et le monde voudrait se refermer sur moi, piège à loup aux mâchoires mortelles, qui jamais ne relâche ce qu’il prend. Je ne veut pas me voir un jour avec les yeux ternes de celui qui a abandonné, de celui qui existe sans vivre, de celui qui fût un jour, mais qui s’est renié, s’est oublié. J’en connais tant, tant de ces artistes aux regards voilés de n’avoir jamais put s’échapper, d’avoir cédé, de n’avoir pas sut résister. La réalité diront certains, doit être assumée, mais ce sont ceux la même qui l’ont fuit les premiers. Il n’y a pas de victoire sans combat, pas de triomphe sans défaite.
Et seul je poursuis ma route, même si mon regard se détourne parfois de cet horizon qu’il me faut atteindre. Cette quête qui prend tout et donne bien peu. Et tu n’es plus la. Sûrement étais-tu un songe de plus, un bonheur de passage, une comète dans les ténèbres, une main tendue à travers les barreaux. Tu m’a touché, tu m’a parlé, et tu a sagement éteint la lumière en claquant de nouveau la porte. Je me perds en ce texte sans but, sans raison, ces mots vite lus et vite perdus, ces lignes qui seront avalées par ce tourbillon qu’est l’incompréhension.
Si seulement…
8H. Je suis toujours la. Et demain à la même heure également, et les jours qui suivront. Quelques part, mes idées, mes rêves, doivent exister, mes personnages doivent rire et pleurer en voyant celui qui les a fait, leur pitoyable créateur. Et si Dieu était un écrivain, assit devant sa page, les mains tachées d’encre, une larme coulant sur ses joues creuses ? Peut être, dans ce cas, lui pardonnerais je…
Si seulement, oui, si seulement tu m’avais aimé.